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50 ans de l'IFU et 100 ans de l'IUP

En 2019, l’Ecole d’Urbanisme de Paris a fêté ses 150 ans d’histoire

A l’occasion de cet anniversaire, l’EUP a mis en place un programme tout au long de l’année mêlant événements publics nationaux, conférences, séminaires et expositions.

L’institut Français d’Urbanisme (IFU) et l’Institut d’Urbanisme de Paris (IUP), aujourd’hui réunis au sein de l’Ecole d’Urbanisme de Paris, ont fêté en 2019 un double anniversaire : les 100 ans de la fondation de l’Ecole des Hautes Etudes Urbaines et les 50 ans de la création de l’IFU et de la refondation de l’IUP.

Les deux instituts fondateurs de l’EUP ont abordé, traité et vécu une partie des débats qui intéressent l’urbanisme, la ville et les territoires urbains aujourd’hui. Ils y ont joué un rôle de contributeurs, d’animateurs ou d’observateurs. L’EUP souhaite revisiter cette histoire et aborder à travers elles les débats actuels d’une manière renouvelée.

Différents temps d’échanges et d’animations ont été organisés :

  • Une exposition à travers les années des différentes figures de la formation à l’urbanisme, qui se tiendra dans les locaux de l’EUP 
  • Des événements publics nationaux
  • Des colloques et des séminaires sur des thèmes variés tels que les femmes et la formation à l’urbanisme, ou encore l’année 1919 et l’urbanisme.

Les instituts d'urbanisme hier, aujourd'hui et demain

Le premier événement de cette programmation intitulé "Les instituts d'urbanisme hier, aujourd'hui, demain" s'est tenu le vendredi 17 mai 2019 à la Maison de la Chimie.

Sous la forme de conférences-débats, il a été l'occasion pour d’anciens enseignants, directeurs ou étudiants de l'IUP et de l'IFU d'échanger et de se retrouver autour de sujets tels que les fondations et refondations des deux instituts, leur place dans le monde ou encore le rôle qu'ils ont joué pour "faire la ville".

Voir le programme de l'événement

50 ans d'histoire, 50 ans à venir

Le deuxième événement de cet anniversaire s'est tenu le 18 octobre 2019. Les anciens des instituts fondateurs de l'école seront réunis pour fêter les 50 ans de l'Institut Français d'Urbanisme (IFU) et les 100 ans de l'Institut d'Urbanisme de Paris. Cette journée a été l'occasion de revenir sur les parcours professionnels des diplômés des instituts et de l'école pour tracer quelques pistes sur les évolutions à venir en urbanisme et aménagement.

Professionnels formés voici 5, 10, 20 ou 30 ans, travaillant en Europe, en Amérique latine, en Asie et en Afrique, ils apporteront leur contribution à la réflexion sur l'avenir qui se profile dans nos domaines. Le débat et les échanges sont ouverts aux partenaires de l'école, aux étudiants et à tous les publics intéressés.

Programme de l'événement

Que sont-ils devenus ?

Le 18 octobre dernier, l'EUP accueillait d'ancien.e.s étudiant.e.s venu.e.s parler de leur parcours professionnel.

Catharina Horn,diplômée de l'IUP en 2010 et aujourd'hui en poste au Ministère Fédéral des Transports de Berlin, nous parle des son année à l'IUP.

Diop Dieynaba, diplômée de l'IFU en 2002, était présente en octobre dernier pour célébrer les 50 ans et 100 ans des deux instituts fondateurs de l'EUP. Aujourd'hui Chef de Bureau du Projet urbain (DGPU) au Sénégal, elle nous parle de son expérience à l'EUP.

Cheikh Sadibou Sidibé, diplômé de l'IFU en 1990, était présent en octobre dernier pour célébrer les 50 ans et 100 ans des deux instituts fondateurs de l'EUP. Aujourd'hui urbaniste chez DUA à Dakar, il nous parle de son expérience à l'EUP.

Trois questions à ...

Fouad Awada

  1. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours et ce que vous faites aujourd’hui ?

Mon passage à l’IFU date des années 1985-1986, après mon diplôme d’architecte en 1980 et mes premiers pas professionnels dans l’architecture. A l’IFU, j’ai fait la connaissance de Pierre Merlin, Annick Osmont, Charles Goldblum, François Choay, François Ascher et d’autres. Un jour, Merlin m’a demandé si j’étais intéressé à rejoindre une équipe franco-libanaise chargé d’élaborer le schéma directeur de la région métropolitaine de Beyrouth. J’ai répondu positivement, et j’ai été aussitôt embarqué sur ce projet, que nous avons bouclé fin 1986 dans une ville encore en guerre. L’équipe en question était pilotée par des experts de l’IAURIF. De retour à Paris, Pierre Merlin m’a décroché un stage auprès d’André Massot, alors expert logement à l’IAURIF aussi. En un an, en 1987, j’avais mon CDI en poche. En 1989, je faisais partie de l’équipe en charge de rédiger le Livre Blanc de l’Île-de-France alors commandé par Michel Rocard. J’y ai côtoyé Starkman et Subileau, aujourd’hui tous deux grands prix de l’urbanisme. Durant cette période, j’ai dégagé du temps pour préparer ma thèse commune aux Ponts et à l’IFU, que j’ai soutenue en 1991. J’avais entretemps été détaché au cabinet de Pierre-Charles Krieg puis de Michel Giraud à la Région, de novembre 1990 à mars 1998, pour conseiller l’exécutif sur les sujets d’aménagement du territoire. Je reprends en 1998 mon poste à l’IAURIF, avec quelques grands dossiers dossiers internationaux au Maroc, au Liban et en Libye notamment. En 2016, Valérie Pécresse nouvellement élue à la Région me confie les rênes de l’IAURIF, dont je suis à ce jour le directeur général. Mais c’est un organisme que nous avons transformé, en renforçant ses ressources en environnement, et en élargissant sa gouvernance. Nous avons aussi changé son appellation. On ne dit plus IAURIF ou IAU, c’est désormais, depuis cette année, L’Institut Paris Région.

  1. Que pensez-vous de l’évolution des métiers en urbanisme ?

Plus que jamais, l’urbanisme se conduit dans la pluridisciplinarité. Qu’il s’agisse de planification urbaine, d’urbanisme opérationnel ou de gestion urbaine, le champ des expertises requises est devenu très large. Il faut de l’architecture ou du design urbain, il faut du juridique, du paysage, de l’environnement, de l’expertise énergétique, de l’expertise mobilité, etc. Et les interactions entre experts comme avec les autorités ou avec les citoyens nécessitent des outils de cartographie, de gestion de bases de données, et de partage, qui ont aussi leurs experts et techniciens. Mais il faut toujours un chef d’orchestre, un chef de projet qui, lui, détient des qualités et des connaissances qui lui permettent de jouer ce rôle.

3.       Quelles conséquences a cette évolution sur la formation ?

Les écoles d’urbanisme doivent continuer à former ces « chefs d’orchestre », en leur enseignant, en sus des fondamentaux du développement urbain, un ensemble de matières couvrant les domaines dans lesquels ils sont susceptibles de faire appel à des experts plus pointus qu’eux. L’enseignement de mon temps couvrait le juridique, l’économie foncière et immobilière, la mobilité, les politiques urbaines. Il faut aller plus loin avec une offre d’enseignement sur les rudiments de la transition énergétique, la nature en ville, le zéro artificialisation nette, et donner plus d’importance au design urbain et au paysage. Dans certains enseignements spécifiques préparant à la maîtrise d’œuvre urbaine, il faut bien sûr compléter tout cela par une formation solide à l’urbanisme opérationnel, les bilans d’opération, les chantiers. Il me semble cependant que la principale inflexion par rapport à « mon vieux temps » doit être la place qui doit être désormais faite, dans l’enseignement de l’urbanisme, aux expertises en environnement.

Fouad Awada

Directeur Général de l'Institut Paris Region

Une exposition à travers les années des différentes figures de la formation à l’urbanisme